Deuxième mission: Ouidah, la ville du non-retour

Après quelques jours d’agréables retrouvailles avec mes contacts de Cotonou, mon mari et moi avons été accueillis chaleureusement à la Maison Do Rego par Blandine Do Rego, fondatrice de l’organisme Espoir de Vivre. C’est la gaieté qui rayonne tout autour et nous sommes littéralement ‘groundés’ par le soleil et la tranquillité des lieux. Première activité : la plage! J’y rêvais depuis la dernière fois, de ce pina colada sur cette plage que je saurais déserte parce que les béninois ne se baignent presque pas. Il est vrai qu’ici à Ouidah, les vagues sont cruelles. En québécois habitués aux vagues de Floride ou de République Dominicaine, nous avons affronté bravement la mer…le temps d’UNE vague. Nous en sommes revenus vivants, mais avons compris que cette mer n’est pas pour la baignade en cette période de l’année. Les surfers seraient aux anges par contre!

A Ouidah, on dirait que la plage attend les touristes. La route des Pêches qui longera la plage sera bientôt terminée, et sur tout le littoral se bâtira des hôtels touristiques. C’est le projet national pour mettre en valeur le tourisme que les béninois espèrent afin de promouvoir l’emploi. Juste à côté de la Porte du non-retour, il y a un petit bar sur cette plage…sans clients!

Nous y avons pris la boisson locale, le Sodabi, mais en version nettement améliorée grâce à des épices et du miel. A elle seule cette boisson est délicieuse! Mais le mélange de culture peut donner naissance à de belles créations! Pierre a créé un genre de Pina Colada à base de Sodabi. Nous l’avons baptisée la Boisson du Non-retour… Parce que quand on y a gouté on ne veut plus retourner chez soi ou encore parce que c’est bien difficile de s’arrêter!

Je vous partagerais bien la recette mais la boisson locale est un secret bien gardé…qu’il faut découvrir en venant à Ouidah!

Rencontre des femmes de la communauté de Gankpé

Blandine nous a emmené visiter cette communauté qui bénéficiera du projet d’hydroponie et d’aquaponie de l’ONG Espoir de Vivre. Pierre et moi avons été tous deux émus de recevoir le ‘vent d’amour’ qui est la façon courante de remercier les gens ici. C’est une expérience unique qui représente bien toute la richesse de cœur de ce peuple.

Chaque dimanche, grâce au soutien d’Espoir de Vivre qui les a aidé à se constituer en ‘mutualité’ (la version béninoise de nos coopératives), ces femmes se rassemblent pour échanger sur le développement de leur village et pour cotiser chacun leur part pour aider à mettre en place l’activité génératrice de revenu de chaque femme individuellement. Toutes les femmes auront droit à leur tour, elles se rassemblent afin de promouvoir leurs projets grâce aux contributions collectives. Il y a de l’énergie ici! Ces femmes sont de vraies battantes. Sans un minimum de soutien pour leur permettre d’exploiter une ressource locale, elle ne peuvent pas se développer.

Nous leur avons demandé ce que nous pouvions faire pour les aider : Nous avons pu comprendre que toute l’autonomie des femmes ici tenaient à une seule machine, le moulin à noix de palme, que le propriétaire loue à prix d’or à ces femmes et qui nécessite de payer des hommes forts pour faire tourner la roue. C’est archaïque, et c’est terrible que tout le profit soit donné à la location et au travail des hommes. Les femmes vendent alors à perte, sans compter que l’huile qui sort de tout ce travail est de pauvre qualité.

Un moulin à noix de palme fonctionnant au diesel coûte environ 700$ Can. Dans d’autres communes, d’autres mutuelles de femmes ont eu la chance de bénéficier d’un prêt pour leur équipement et ont vite remboursé ce prêt. Elles ont pu générer un revenu stable pour leur communauté. Il n’en faut parfois que très peu pour démarrer la roue. La preuve est faite à plusieurs égards dans ce pays que soutenir les femmes mène à des résultats concrets : ce sont des amazones qui travaillent avec acharnement pour nourrir leur famille, avec très peu de droits, souvent abandonnées par leur mari. Il y a plus de femmes monoparentales au Bénin que de femmes faisant partie d’un couple solide avec un père pourvoyeur. C’est donc par l’autonomie des femmes que passera l’autonomie du pays car bien des femmes ont cessé d’attendre quoi que ce soit de leur mari et ont décidé de ‘prendre le taureau par les cornes’!

J’ai promis de revenir également pour faire le dépistage de la malnutrition infantile en compagnie de la nutritionniste de la région avant mon départ car je vois, sans avoir à chercher, des signes clairs de marasme et de rachitisme. Elles sont bien d’accord. Nous avons également promis de fournir 50 poussins de poules pondeuses pour leur permettre de fournir 1 œuf par jour à tous leurs enfants sans exception ainsi qu’aux femmes enceintes et allaitantes. Un don de 25$ qui fait toute la différence pour réduire la malnutrition. Dans cette communauté, les femmes ont la volonté de donner des œufs et du poisson à leurs enfants mais cela n’est pas toujours possible. En fournissant les poussins, elles organiseront le poulailler pour la ponte, les cloisonneront pour ne pas les laisser se perdre dans la brousse et ne mangeront pas les poulets!

A suivre!

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